« Pourquoi je pense encore alors qu'il n'y a plus rien à faire ? »
« Même quand tout est calme... je n'arrive pas à relâcher. »
« J'ai l'impression d'être toujours en train de penser à quelque chose. »
« J'ai oublié ce que ça fait de vraiment souffler. »
C'est une phrase que j'entends souvent à la fin du bilan.
Puis viennent souvent ces mots :
« Je pensais que c'était mon caractère. »
« Je comprends enfin pourquoi je n'arrivais jamais à décrocher. »
« Je me sens enfin comprise. »
« Je repars avec des réponses... et je sais enfin dans quelle direction avancer. »
Vous continuez.
Vous travaillez.
Vous gérez.
Vous anticipez.
Vous organisez.
Vous prenez soin des autres.
Vous pensez à ce qui doit être fait.
Puis à ce qui n'a pas encore été fait.
Puis à ce qu'il faudra gérer demain.
Et à force...
Vous avez fini par trouver cela normal.
Vous ne vous décrivez pas forcément comme stressée.
Vous avez simplement l'impression d'être comme ça.
Toujours en mouvement.
Toujours en réflexion.
Toujours disponible.
Toujours responsable.
Toujours prête.
Et pourtant...
Quelque chose ne s'arrête jamais vraiment à l'intérieur.
Le problème est parfois que vous avez oublié ce que signifie être réellement au calme.
Parce que lorsqu'un état dure longtemps, il cesse d'être perçu comme un état.
Il devient une normalité.
Une habitude.
Une manière de fonctionner.
Certaines femmes ne sentent même plus leur tension.
Elles vivent avec elle depuis tellement longtemps qu'elles la confondent avec leur personnalité.
Elles disent :
"Je suis quelqu'un qui réfléchit beaucoup."
"J'ai toujours besoin d'anticiper."
"J'aime que les choses soient sous contrôle."
"Je suis comme ça."
Et parfois c'est vrai.
Mais parfois ce n'est pas une personnalité.
C'est un système nerveux qui n'est plus réellement redescendu depuis longtemps.
C'est parfois ce que vous continuez à porter lorsque tout est terminé.
Lorsque la journée est finie.
Lorsque les enfants dorment.
Lorsque la maison est calme.
Lorsque le travail est terminé.
Lorsque plus rien ne demande votre attention.
Et que pourtant...
Quelque chose continue.
Une pensée.
Puis une autre.
Une anticipation.
Puis une autre.
Une vigilance.
Puis une autre.
Comme si votre organisme refusait de quitter son poste.
Comme s'il ne recevait jamais complètement le message :
"C'est bon. Tu peux relâcher maintenant."
Certaines femmes ralentissent.
Certaines prennent des vacances.
Certaines essaient de se reposer davantage.
Certaines tentent même de lâcher prise.
Et pourtant elles continuent à se sentir tendues.
Pourquoi ?
Parce que le repos physique et le repos neurophysiologique sont deux choses différentes.
Le corps peut être assis.
Le corps peut être immobile.
Le corps peut même être en vacances.
Et pourtant le système nerveux peut continuer à fonctionner en arrière-plan.
À surveiller.
À anticiper.
À gérer.
À rester prêt.
C'est souvent ici que tout devient plus clair.
Le corps continue à fonctionner.
La vie continue.
Les responsabilités continuent.
Les projets continuent.
Tout semble relativement normal.
Mais une partie des ressources reste mobilisée en permanence.
Et cette mobilisation a un coût.
Le sommeil récupère moins.
La fatigue s'installe.
La charge mentale devient plus lourde.
Les émotions prennent davantage de place.
Les imprévus demandent davantage d'énergie.
Et progressivement, tout devient plus coûteux.
Et c'est précisément ce qui piège de nombreuses femmes.
Parce qu'elles imaginent le burn-out comme un effondrement.
Or elles continuent à avancer.
Elles continuent à travailler.
Elles continuent à assumer.
Elles continuent à gérer.
Alors elles concluent :
"Je suis fatiguée, mais ce n'est pas ça."
Pourtant, certaines formes d'épuisement restent longtemps invisibles.
Le corps continue à tenir.
Mais la récupération disparaît progressivement.
Et cette disparition est suffisamment lente pour passer inaperçue.
La survie fonctionnelle n'est pas une incapacité à fonctionner.
C'est l'inverse.
Le corps continue à fonctionner.
Parfois même remarquablement bien.
Mais il ne récupère plus à la hauteur de ce qu'il dépense.
Le système nerveux reste mobilisé.
La vigilance devient normale.
Le maintien devient permanent.
Et ce qui devait être exceptionnel finit par devenir quotidien.
"Suis-je stressée ?"
Mais plutôt :
"Depuis combien de temps suis-je en train de tenir ?"
Parce que lorsque cette question apparaît, beaucoup de choses deviennent cohérentes.
La fatigue persistante.
Le sommeil non réparateur.
L'hypervigilance.
L'hypersensibilité.
La charge mentale.
La difficulté à récupérer.
Ils cessent d'être des problèmes séparés.
Ils deviennent les différentes expressions d'une même réalité.
Je ne travaille pas uniquement sur le stress.
Je cherche à comprendre pourquoi le système nerveux continue à fonctionner comme s'il devait encore tenir.
Pourquoi il reste mobilisé.
Pourquoi il ne redescend plus complètement.
Pourquoi le repos ne produit plus les effets attendus.
Pourquoi la récupération devient insuffisante.
Car lorsque le système nerveux retrouve progressivement sa capacité à relâcher :
le mental s'apaise,
le sommeil récupère davantage,
la fatigue diminue,
les émotions circulent plus librement,
et l'organisme retrouve une marge qu'il avait parfois oubliée.
Le bilan permet d'explorer :
– l'état réel du système nerveux ;
– les mécanismes de maintien ;
– les freins à la récupération ;
– les facteurs qui entretiennent la vigilance ;
– les raisons pour lesquelles le corps continue à tenir sans récupérer complètement.
Parce que le véritable problème n'est pas toujours le stress.
Le véritable problème est parfois l'absence de retour réel au calme.
→ Hypersensibilité et système nerveux
→ Dossier : Survie fonctionnelle féminine